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Environnement

L'Europe veut en finir avec la culture du « tout-jetable » : novembre sera un mois clé pour l'économie circulaire.

L'Europe souhaite abandonner progressivement le modèle du « tout-jetable ». La future loi sur l'économie circulaire, les nouvelles règles relatives aux emballages et la Semaine européenne de la réduction des déchets font de novembre 2026 un mois clé pour transformer la production et la consommation.

L'Europe veut en finir avec la culture du « tout-jetable » : novembre sera un mois clé pour l'économie circulaire.

L'Union européenne accélère sa transition vers un modèle de production et de consommation plus durable. La future loi sur l'économie circulaire, les nouvelles règles relatives aux emballages et la Semaine européenne de la réduction des déchets font de novembre 2026 un mois décisif pour réduire les déchets, favoriser le réemploi et transformer l'industrie.

Pendant des décennies, le modèle économique dominant a suivi une formule simple : extraire des matières premières, fabriquer des produits, les consommer et les jeter. Toutefois, la pression exercée sur les ressources naturelles, l’augmentation des déchets et la nécessité de réduire les émissions contraignent l’Europe à repenser cette dynamique. L’économie circulaire est devenue l’un des enjeux majeurs de l’Union européenne pour progresser vers un système plus efficace, compétitif et respectueux de l’environnement.

Novembre 2026 arrive à un moment particulièrement important pour cette transition. La Commission européenne prépare un nouveau cadre législatif visant à stimuler le marché des matières premières secondaires, tandis que diverses initiatives communautaires mettent l'accent sur la prévention des déchets, la réparation et la réutilisation des produits.

L'objectif est ambitieux : faire en sorte que les matériaux restent en circulation plus longtemps et que les déchets ne soient plus considérés comme de simples rebuts, mais deviennent des ressources exploitables.

La nouvelle loi sur l'économie circulaire tracera la voie européenne.

L’un des événements les plus attendus est la future loi sur l’économie circulaire (Circular Economy Act), une initiative de la Commission européenne visant à renforcer le marché unique des matières premières secondaires et à accroître tant l’offre que la demande de matériaux recyclés de qualité.

Selon la planification publiée par la Commission, la proposition est prévue pour 2026. Diverses informations concernant le calendrier institutionnel désignent le 11 novembre comme date envisagée pour sa présentation ; il faudra toutefois attendre l'annonce officielle pour en confirmer les détails définitifs.

Cette législation vise à éliminer certains obstacles qui empêchent les matériaux recyclés de concurrencer les matières premières vierges à armes égales. Elle cherche également à favoriser l'investissement, à améliorer le fonctionnement des marchés du recyclage et à réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis des ressources importées.

Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large : l'Europe souhaite doubler son taux de circularité, c'est-à-dire la proportion de matériaux récupérés et réutilisés par rapport au total des ressources consommées. Actuellement, cet indicateur se situe autour de 12 %, tandis que l'objectif communautaire est d'atteindre 24 % à l'horizon 2030.

Le défi ne consiste pas uniquement à recycler davantage, mais à concevoir des produits durables, à faciliter leur réparation et à créer des chaînes de production capables d'utiliser les ressources encore et encore.

Des emballages jetables aux emballages réutilisables : de nouvelles règles pour les entreprises

Un autre changement majeur est déjà en cours. À compter du 12 août 2026, le nouveau règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) s’applique dans l’Union européenne ; il établit des exigences communes visant à réduire l’impact environnemental des emballages.

La réglementation introduit des changements dans la fabrication, la composition, la recyclabilité et la réutilisation des emballages commercialisés sur le marché européen.

Parmi ses principaux objectifs, on peut citer :

  • Réduire les emballages inutiles : limiter les emballages excessifs et les espaces vides dans les colis.

  • Promouvoir le recyclage : faire en sorte que tous les emballages soient recyclables de manière économiquement viable d’ici 2030.

  • Promouvoir les matériaux recyclés : accroître l'incorporation de plastique recyclé dans les nouveaux emballages.

  • Favoriser la réutilisation : promouvoir les systèmes de consigne, de retour, de recharge et de réutilisation.

  • Réduire les produits à usage unique : certaines catégories d’emballages jetables seront restreintes à partir de 2030, dès lors que des alternatives plus durables seront envisageables.

  • Améliorer l'information des consommateurs : progresser vers un étiquetage harmonisé qui facilite le tri correct des déchets.

Pour les entreprises, ces mesures impliquent un processus d’adaptation qui touche l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception du produit jusqu’à sa distribution et sa gestion en fin de vie.

Ils représentent également une opportunité de développer de nouveaux matériaux, des solutions d'emballage durables et des systèmes logistiques plus efficaces.

Novembre met l'accent sur la prévention des déchets.

La Semaine européenne de la réduction des déchets 2026 (European Week for Waste Reduction) se tiendra du 21 au 29 novembre ; une initiative qui, cette année, s'articule autour du concept de sobriété matérielle.

La proposition invite à réfléchir sur un aspect fondamental : la meilleure façon de gérer un déchet consiste, dans la mesure du possible, à éviter qu'il ne soit généré.

C'est pourquoi la campagne ne se limite pas à promouvoir le recyclage. Elle vise également à diffuser des habitudes telles que la réduction de la consommation inutile, la réparation d'objets, l'échange de produits, la réutilisation de matériaux et la prolongation de la durée de vie des biens.

L'initiative rassemble des administrations publiques, des établissements d'enseignement, des entreprises, des associations et des citoyens de toute l'Europe, qui organisent des activités pour démontrer que la prévention des déchets peut s'intégrer dans la vie quotidienne.

Le message rejoint directement l'un des grands défis environnementaux actuels : changer les habitudes de production et de consommation, plutôt que de se limiter à gérer les conséquences d'un modèle fondé sur le gaspillage.

L'économie circulaire nécessite également des changements fiscaux.

La transformation ne dépend pas exclusivement de nouvelles obligations environnementales. Elle exige également que le système économique encourage les décisions durables.

Dans ce contexte, la Commission européenne a lancé une consultation publique afin d’examiner comment adapter certaines règles en matière de TVA aux principes de l’économie circulaire et aux activités à faibles émissions.

L'initiative aborde trois questions : le traitement fiscal des produits de seconde main, la destruction de marchandises qui peuvent encore être utilisées, et les déductions de TVA liées à certains véhicules employés dans le cadre d'activités professionnelles.

La période de participation à cette consultation prend fin le 4 novembre 2026. Les contributions serviront à évaluer d'éventuelles évolutions législatives ultérieures.

La révision vise à éliminer les obstacles fiscaux susceptibles de décourager des activités telles que l'achat et la vente de produits d'occasion, la récupération de marchandises ou le développement de modèles économiques fondés sur la réutilisation.

Il s’agit d’un aspect important car, pour que l’économie circulaire fonctionne à grande échelle, les alternatives durables doivent également s’avérer économiquement viables pour les entreprises.

Un changement de modèle qui affecte les consommateurs et l'industrie

La transition vers une économie circulaire n'est pas uniquement une question environnementale. Elle a également des implications économiques, industrielles et sociales.

Pour les fabricants, cela implique de revoir les processus de conception et de production, de sélectionner des matériaux plus durables et de faciliter la réparation de leurs produits. Pour les distributeurs, cela suppose de repenser les emballages, la logistique et la gestion des retours. Et pour les consommateurs, cela représente un changement progressif dans la manière d'acheter, d'utiliser et de se débarrasser des produits.

Dans ce contexte, la réparation prend une importance accrue. À compter du 31 juillet 2026, de nouvelles règles européennes entrent en vigueur, renforçant le droit des consommateurs à demander la réparation de certains produits techniquement réparables, tels que les lave-linge, les aspirateurs, les téléphones portables et les tablettes.

La réglementation prévoit également une prolongation d'au moins douze mois de la garantie légale lorsque le consommateur opte pour la réparation du produit plutôt que pour son remplacement, durant la période de responsabilité correspondante.

Il s’agit de mesures qui vont dans la même direction : abandonner progressivement l’idée qu’un produit défectueux doit être automatiquement remplacé par un produit neuf.

L'Europe face au défi de mieux produire et de moins gaspiller

L'économie circulaire représente une opportunité de réduire l'extraction des ressources naturelles, de diminuer la production de déchets et de renforcer l'autonomie industrielle européenne.

Toutefois, la réussite de cette transformation ne se limitera pas à l'adoption de nouvelles lois. Il sera nécessaire de développer des infrastructures de recyclage, d'améliorer la qualité des matériaux récupérés, de favoriser l'innovation des entreprises et de faire en sorte que les produits durables soient accessibles et compétitifs.

Novembre 2026 concentre plusieurs initiatives qui reflètent la direction que l’Europe souhaite prendre. La future loi sur l’économie circulaire, les nouvelles exigences en matière d’emballages et les campagnes de prévention des déchets montrent que le changement ne se limite plus à une simple déclaration d’intention.

Le véritable défi sera de faire en sorte que la réutilisation, la réparation et la valorisation des matériaux cessent d'être une alternative ponctuelle pour devenir la norme.

Car progresser vers une économie plus durable ne consiste pas seulement à recycler ce que nous jetons, mais à cesser de produire et de consommer comme si les ressources de la planète étaient illimitées.

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